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Cyclisme longue distance : entretien avec Nathalie Baillon

Cyclisme longue distance : entretien avec Nathalie Baillon Cyclisme longue distance : entretien avec Nathalie Baillon

Materiel-velo.com s’est engagé en 2024 auprès de Nathalie Baillon pour l’aider dans la réalisation de sa web-série autour du cyclisme d’endurance. A cette occasion, nous vous proposons une petite interview, qui s’est déroulée le 26 mars 2023, afin de faire plus amples connaissances avec cette sportive passionnée.

Bonjour Nathalie, peux-tu nous parler de ton parcours et de ce qui t’a amenée à te lancer dans le cyclisme d’ultra-distance ?

Bonjour, j’ai toujours été passionnée par les voyages et je pratiquais le cyclisme, cela m’a donc donné envie de concilier les 2. En 2018, je suis partie en Nouvelle-Zélande équipée de grosses sacoches et c’est ainsi que j’ai découverte le cyclisme longue distance. Pendant que je roulais avec un équipement qui pesait plus de quarante kilos, je croisais d’autres cyclistes qui traversaient tout le pays en deux semaines avec des sacoches ultra légères. Cela m’a donné envie d’essayer dès mon retour en France. Ensuite, je me suis inscrite à la RACE ACCROSS FRANCE et ma passion est partie de là.

Quels sont les aspects les plus gratifiants du cyclisme d’ultra-distance pour toi, et en quoi cela diffère-t-il des autres formes de cyclisme ?

Pour moi, les aspects gratifiants du cyclisme d’ultra-distance, c’est vraiment de partir en autonomie, de se débrouiller complètement seule. C’est aussi le côté aventure, de devoir gérer les imprévus et de ne pas savoir ce qui va se passer tout en traversant des paysages magnifiques.

Comment gères-tu la préparation mentale et physique nécessaire pour affronter des épreuves aussi exigeantes ? As-tu des conseils sur la meilleure façon de concilier entrainements intensif avec d’autres aspects de la vie quotidienne ?

Pour me préparer physiquement et mentalement aux épreuves de longue distance, je fais pas mal de voyages à vélo, en autonomie et seule. Quand j’étais encore salariée, je partais faire mes voyages les week-end ou pendant les vacances. Puis, j’ai commencé à rouler à l’heure du déjeuner et de nuit, après le travail. Mais, contrairement à ce que l’on peut penser, il n’est pas nécessaire de faire deux cent kilomètres tous les jours. L’important c’est de rouler régulièrement. Par exemple, une heure et demie, tous les jours, en s’octroyant des périodes de repos, permet déjà de construire une bonne base. Ensuite, on peut ajouter des séances de travail spécifiques comme du fractionné ou, en s’équipant de sacoches, pour une simulation de course par exemple.

Peux-tu nous partager quelques-uns des défis auxquels tu as été confrontée lors de tes courses d’ultra-distance et comment tu les a surmontés ?

L’un des problèmes les plus récurrents en course concerne les douleurs au niveau de la selle. Au fur et à mesure des compétitions, j’ai optimisé mon matériel et mon corps s’est endurci. Malheureusement, lors d’une course, lorsque les douleurs arrivent, il faut essayer de trouver des solutions avec les moyens du bord. Par exemple, une fois, j’avais essayé de mettre mon tour de cou dans mon cuissard pour me soulager. Une autre fois, j’avais mis des pansements pour les ampoules sur les coupures au niveau des plis des fesses pour pouvoir terminer la course.

Il y a aussi les maladies qui peuvent subvenir à tout moment. Dans ce cas, on serre les dents et on essaye de tenir le coup jusqu’à ce que cela passe. On roule un peu plus tranquille en gérant au mieux son effort et on tente de dormir un peu plus.

Il peut également y avoir les casses matériels. C’est pour cela que j’ai toujours avec moi un petit kit de couture, de réparation, du scotch…pour faire des petites réparations, un peu à l’arrache, si nécessaire mais qui vont permettre de tenir jusqu’à la fin de la course.

En tant que compétitrice, quelle a été la course d’ultra-distance la plus mémorable jusqu’à présent, et qu’est-ce qui l’a rendue si spéciale pour toi ?

La course d’ultra-distance la plus mémorable pour moi fut la B-HARD en Bosnie-Herzégovine parce que je me battais contre deux autres cyclistes pour la seconde place au général que j’ai finalement obtenu. Il a donc fallu vraiment que je donne tout contre des concurrents plus expérimentés et qui avaient déjà fait THE TRANSCONTINENTAL RACE. J’ai également beaucoup aimé la Bosnie-Herzégovine qui est un très beau pays grâce à une superbe organisation de la compétition.

As-tu des rituels ou des routines spécifiques que tu suis avant le jour d’une grande compétition d’ultra-distance ?

Je n’ai pas vraiment de rituel ou de routine spécifique, mis à part de préparer mon matériel et de bien vérifier de ne rien avoir oublié. Mais, en général, je suis plutôt à la bourre. J’essaie donc de tout finir dans les temps, d’avoir tout mon matériel de prêt, d’avoir tous mes mes hôtels et mes transports réservés. Et ensuite, je vais surtout essayer de bien me reposer avant la course, parce que je sais qu’ensuite, je ne vais plus avoir beaucoup le temps de dormir.

Quel rôle joue la nutrition dans ta préparation et ta performance pendant tes courses ? Y a-t-il des aliments ou des stratégies spécifiques que tu privilégies ?

Au quotidien, j’essaie d’avoir une alimentation équilibrée et la plus naturelle possible, même si j’ai une grosse addiction pour le chocolat. Pendant la course, je vais avoir avec moi des snacks, des barres BAOUW naturelles/bio. Ensuite, cela va beaucoup dépendre de ce que je vais pouvoir trouver sur place. L’idée, ça va être de trouver de la nourriture plutôt calorique que je vais pouvoir mettre dans mes sacoches, sans prendre trop de place et qui ne s’abîme pas trop. Et y ajouter ensuite la nourriture mangeable tout de suite comme les sandwiches, le chocolat, des fruits…globalement de la nourriture plutôt froide.

Comment gères-tu l’effort, la motivation et la récupération tout au long de ces longues heures de vélo sur ta selle pendant une course ?

Pour la gestion de l’effort, je vais pas mal m’écouter. Après, cela reste un effort long mais pas trop intense, à part souvent les départs de course où il faut essayer un petit peu de se canaliser.

Au niveau de la motivation, cela va pas mal fluctuer tout au long de la course. L’idée est donc d’essayer de passer ces moments difficiles. Au bout d’un certain temps, la motivation revient. Mais il faut savoir gérer ce moment difficile en se rappelant pourquoi on est là et pourquoi on le fait, tout en étant un peu borné aussi.

Pour la récupération, je vais essayer de bien et beaucoup manger puis de faire des siestes quand je sens que ça devient trop difficile, que j’ai besoin d’un « reset » mental ou simplement que je m’endors sur le vélo.

Comment abordes-tu la récupération après une course d’ultra-distance ? As-tu des pratiques spécifiques pour favoriser la récupération physique et mentale ?

Après une course, je n’ai pas spécialement de pratique spécifique pour favoriser la récupération. Je ne suis pas suivi par une équipe. Je fais vraiment tout en solo et donc j’essaie plutôt de m’écouter, de ne pas me forcer. Si je veux aller faire un petit tour à vélo tranquille, j’y vais. Si je ne veux pas rouler pendant une semaine, je ne roule pas. Je ne vais rien m’imposer et je vais plutôt favoriser les sorties plaisir.

Évidemment, après une course, je vais bien manger et bien dormir pour recharger les batteries. C’est le pilier de ma récupération avant toutes les pratiques un peu plus pointues que l’on peut voir mais qui sont moins efficaces et plus difficiles à mettre en place.

Pour nos fans de matos, j’aimerais en savoir plus sur ton équipement. Quels sont tes choix de vélos, de matériels, de vêtements et autres accessoires essentiels pour faire de la longue distance ?

J’ai trois vélos que j’utilise principalement pour mes courses :

  • un vélo LIV Avail qui est taillé pour l’endurance.
  • un vélo LIV Devote pour le gravel.
  • un vélo LIV Pique pour le VTT.

Pour les sacoches, j’utilise TAILFIN qui ont une gamme robuste et innovante. J’apprécie particulièrement la sacoche de selle AeroPack qui permet de mettre beaucoup de matériels et qui est facilement accessible.

Au niveau des vêtements, je suis équipée en PEdALED qui a une gamme de vêtements orientés vers l’aventure avec notamment beaucoup de poches. J’utilise également des lunettes photochroniques qui me permettent de voir aussi bien de jour que de nuit.

Selon les courses, je peux aussi avoir du matériel pour dormir ultra light et compact : bivy, matelas, sac de couchage ou juste couverture de survie et doudoune.

Pour les cyclistes passionnés qui nous lisent et qui pourraient être tentés de se lancer dans l’ultra-distance, quels conseils ou recommandations aurais-tu à leur partager ?

Je leur conseillerais déjà d’y aller intelligemment, étape par étape, en augmentant progressivement les distances. Il faut avoir déjà travailler une bonne base en endurance, en faisant des sorties régulièrement mais en privilégiant plutôt les distances courtes dans la semaine plutôt qu’une longue sortie hebdomadaire. Il faut ensuite rouler en testant les différentes conditions que l’on pourrait rencontrer lors d’une longue distance : rouler jour/nuit, soleil/pluie, avec et sans matériel, avec et sans bivouac, etc. Il est intéressant de tester son endurance lors de voyages à vélo plus ou moins longs sur plusieurs jours avant de se lancer sur une véritable course.

Quels sont tes objectifs 2024 en tant que cycliste d’ultra-distance, tant sur le plan personnel que professionnel ? Pourrais-tu nous parler de ta web-série « A fond les Baillon » ?

Bien évidemment, l’objectif est de gagner des courses, notamment la BADLANDS, en duo avec Mike Eger, qui a fini troisième l’année dernière sur cette même compétition.

J’aimerai également découvrir de nouvelles disciplines comme par exemple tester une aventure Bikerafting : un mélange de voyage à vélo et de packraft, sorte de kayak gonflable.

Je lance aussi ma web-série « A fond les Bâillons » qui suit mon quotidien d’ultra cycliste longue distance. Il y a déjà 3 épisodes qui sont sortis sur 4 Mont Ventoux en gravel, Rouler par tous les temps, Adrénaline hivernale en vélo-ski et le prochain épisode qui va sortir sera sur l’ATLAS MOUNTAIN RACE. L’objectif est de partager ma passion avec ma communauté afin de susciter l’envie à d’autres de se lancer aussi des défis et des aventures, et notamment les femmes. J’en profite pour remercier encore une fois Materiel-velo.com pour le soutien qu’il m’apporte dans ce projet

Pour terminer, souhaites-tu ajouter autre chose que tu aimerais partager avec notre communauté ?

Osez vous lancer des défis et vivez votre vie à fond.

 

Merci beaucoup Nathalie pour ton témoignage et nous te souhaitons tout le meilleur pour tes prochains challenges.

Vous pouvez retrouver toute l’actualité de Nathalie sur instagram ou youtube.

Dernière actualisation : 08/07/25

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