Vélo route Trek Madone


Le vélo route Trek Madone est bien plus que l’héritier du mythique Trek 5500. Désormais vaisseau amiral de la maison de Waterloo (Wisconsin – USA) et monture des pros de l’US Postal, il a été présenté en 2003 et inscrit au catalogue en 2004. Ce cadre monocoque carbone OCLV qui en est à sa 6e génération est devenu une référence en termes de performance pure et d’aérodynamisme. Ce ne sont pas les coureurs du Team Trek Segafredo qui vous diront le contraire !


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Au tout début des années 2000, l’ambition de Trek est de concevoir un remplaçant à son tout premier cadre monocoque carbone, le Trek 5500 et d’en faire une base pour un vélo des plus rapides et des plus rigides. C’est ainsi que le catalogue Trek 2004 s’enrichit d’un Madone, en référence au col de La Madone, dans l’arrière-pays niçois. La technologie carbone monocoque OCLV (Optimum Compaction Low Void ou, en français, Compactage Optimal à Faible Vide) est reprise et améliorée, pour une meilleure rigidité, doublée d’une petite cure d’amaigrissement. Le résultat ? Un vélo ultra léger, particulièrement rapide, capable d’évoluer sur n’importe quel type de route, en montagne, comme en plaine, avec un leitmotiv : la performance !

1. Trek Madone : génération 6, genèse

Au fil des évolutions (et parfois des révolutions), ce Trek Madone est devenu un vélo aérodynamique des plus performants, pour être ce qu’il est aujourd’hui (nous en sommes désormais à la génération 6) : une machine à gagner sur les plus grandes courses et dans les conditions les plus extrêmes. D’ailleurs, ce Trek Madone n’a-t-il pas été utilisé par le Danois Mads Pedersen, lors de sa victoire, sous la pluie, au Championnat du monde 2019 dans le Yorkshire (arrivée à Harrogate) ?

De génération en génération, le Trek Madone a donc bien évolué. Il a même radicalement changé au printemps 2018, avec le lancement de la 6e génération. Les ingénieurs maison sont d’ailleurs partis d’une feuille blanche et tous les collaborateurs de l’usine de Waterloo ont été mis à contribution. Ainsi, le responsable du marketing a pu donner son avis et proposer quelques solutions techniques, au même titre que les designers ou les membres du service comptabilité. Un immense tableau a été installé au cœur des bâtiments du siège de Trek. Chacun a pu y apposer ses propositions… Les chefs de projets ont alors fait un énorme travail de synthèse, enrichi de leurs propres options.

Au bout du compte, cette sixième génération du Trek Madone se démarque des précédentes par une nouvelle débauche de technologies. Comme beaucoup de ses concurrents, Trek a développé son nouveau Madone en soufflerie. Affaire de justes compromis, il a fallu prendre en compte, durant cette phase de développement, le confort (et donc l’efficacité) du cycliste, mais aussi “la pesée” de l’ensemble. Osons le dire, c’est une réussite.

2. Trek Madone : géométrie et technologie(s)

Au premier coup d’œil, on ne peut se tromper, ce Trek Madone 6 a bien été développé en soufflerie pour un aérodynamisme optimisé. Trek met en avant sa géométrie “performance”, new H 1.5 geometry, développée en collaboration avec les équipes professionnelles Trek Segafredo et Drop et destinée, justement, à “poser” le cycliste en mode aérodynamique, sans que la notion d’optimisation de l’effort soit oubliée. On peut donc dire que la géométrie de ce Trek Madone est un juste compromis entre les géométries H1 et H2.

Cela se traduit par un “ajustement” des cotes (longueur du tube supérieur et hauteur de douille de direction) qui est compensé (sur les vélos tout montés) par les différentes longueurs de potences (90 à 130 mm) et par l’angulation de ladite potence (-7° ou - 14°) qui vient s’ancrer (système Aero Bar Stem) sur un cintre aéro, très esthétique (38 à 44 de large). En outre, cette fixation peut être réglée sur +/- 5° (40 positionnements possibles). À titre comparatif, on notera que le Trek Madone génération 5, doté d’un cockpit intégré, n’en comptait que 26.

Le cadre reste un monocoque OCLV Carbon 700 (en version haut de gamme) et se décline en 7 tailles, de 2 en 2, du 50 au 62. Mais il existe, en plus, des géométries dédiées aux femmes, avec une potence plus courte et un cintre plus étroit. Réputé, dans les générations antérieures, pour sa remarquable stabilité et son excellente capacité à virer, le Trek Madone 6 a su garder ses forces. L’empattement, la chasse, les angles ou les longueurs de bases n’ont, du coup, pas été modifiés.

Au moment du lancement de ce Trek Madone 6, les ingénieurs de Waterloo ont communiqué sur l’importance des tests effectués, pour quantifier la filtration des vibrations et la réduction des différents rebonds. Lesdits ingénieurs seraient parvenus à les réduire de 13% par rapport au Trek Madone cinquième génération. Comment ? En développant un banc d’essai de laboratoire spécifique : un tapis roulant reproduisant, par moulage, les pavés de la Tranchée d’Arenberg. Le protocole ? Un cycliste, accroché à un harnais, prend place sur sa monture. Le tapis roulant se met en mouvement et accélère progressivement. Les vibrations (et les secousses !) sont enregistrées. Sur un écran, des images sont diffusées au ralenti. Cela permet d’observer la déformation du monocoque carbone, entraînant un inévitable rebond, limité sur ce Trek Madone 6 par un système d’élastomère.

La technologie Trek IsoSpeed (qui permet de rigidifier le cadre au niveau de l’axe vertical), introduite en 2012, a donc déjà été vue sur les Trek Madone des générations précédentes. Désormais, ledit système est également installé sous le top tube, en version réglable. Comment ? Avec une vis, il est possible de déplacer un curseur intégré, sous ledit top tube, pour rigidifier (jusqu’à plus de 21% par rapport au Trek Madone 5) ou, au contraire, assouplir (jusqu’à plus de 17% par rapport au Trek Madone 5) le cadre en fonction de sa morphologie et/ou de sa pratique, pour une réactivité et un confort accru.

La tige de selle a, elle aussi, été revue et le mât (de selle) abandonné, au profit d’une tige un peu plus classique. En revanche, il est désormais possible, grâce au système Flare R de fixer un feu de position, en arrière du chariot de selle.

Enfin, le Trek Madone 6 est, pour la première fois, disponible avec des freins à disques, tout en restant proposé en version “freins à patins sur jante”. Pour favoriser l’aérodynamisme, les étriers ont été totalement repensés, notamment à l’avant, puisqu’ils sont désormais placés derrière la fourche en étant complètement intégrés. Les conséquences sur le poids du cadre nu sont intéressantes, puisque la version à disques revendique 970 g (taille M) contre 885 g (toujours taille M) pour la version à étriers.

3. Trek Madone : une gamme plus que complète


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L’objectif de ce Trek Madone est donc d’être le vélo le plus rapide du monde ! Et, compte tenu de sa technicité, il doit en outre se montrer capable d’évoluer sur n’importe quel type de routes, en montagne, comme en plaine, pour les compétiteurs de haut niveau, comme pour les amateurs qui recherchent la performance… y compris en cyclosport. Concrètement (et donc, commercialement), la gamme se montre à la fois riche, complète et adaptée à tous, pour différentes approches de la pratique cycliste performante.

Trois kit-cadres Madone figurent, aujourd’hui, au catalogue Trek. Pour les compétiteurs les plus exigeants (les plus performants ?) ou les adeptes des longues distances “avalées” en ”mode sportif”, la version SLR “s’impose” tout naturellement. Proposé en géométrie H1,5, le cadre est un monocoque carbone OCLV 700, très rigide et performant, mais au confort “à la carte”, grâce à la technologie IsoSpeed.

Pour les compétiteurs de tous niveaux, notamment ceux qui délaissent, de temps à autres, la compétition pure, pour quelques joutes cyclosportives, le Madone version SL, est proposé en géométrie H1,5 ou H2 (plus confortable), avec un cadre toujours monocoque OCLV, mais 500, pour plus de confort.

Enfin, pour les cyclosportifs et les cyclotouristes, à l’approche sportive, le Madone version 9 (millésime 2018) dispose lui aussi de la géométrie H2, avec un cadre toujours monocoque OCLV, mais 600, c’est-à-dire à mi-chemin entre confort et performance. Attention, cette version est exclusivement dotée d’un freinage à patins.

Évidemment, ces différentes versions ne sont pas disponibles aux mêmes prix. Ainsi, le Trek Madone version 9 est-il proposé à 3500 €, contre 4000 € pour la version SL et 4500 € pour la version SLR (utilisée par les pros de l’équipe Trek Segafredo). Il est également possible de s’offrir (ou de se faire offrir !) des vélos montés. Une géométrie femme SLR et une version CLM/triathlon font notamment partie de l’offre. Les tarifs oscillent alors entre 4500 € et 12600 € selon l’équipement. Les produits maison, Bontrager, sont mis à l’honneur, pour des groupes Shimano (Dura-Ace et Ultegra, éventuellement en version Di2) et SRAM (Red e-tap). Comme il se doit à ce niveau de gamme, l’offre Project One (émaillage personnalisable – presque – à l’infini) concerne tous les cadres Trek Madone, moyennant un supplément. Et, pour ceux qui voudraient rester sur une déco “de série” mais originale, il y a les options de couleurs ICON (peintures métallisées) pour 1500 €…

Véritable machine de guerre, le Trek Madone respire la performance et l’aérodynamisme. L’esprit performance ne se limite pas au simple look. C’est ce qui en fait un cadre exclusif, car en plaine, toute l’étendue des capacités de ce vélo se révèlent à haute vitesse, c’est-à-dire au-dessus des 40 km/h. La tenue de route est exceptionnelle. La sensation – justifiée – de sécurité est de mise. Les trajectoires se trouvent instinctivement, comme si le vélo était posé sur des rails, en particulier dans les descentes de cols… Cela n’empêche pas ce Trek Madone de se révéler bon grimpeur, en particulier lorsque la pente se raidit et que le “tout à gauche” s’impose. C’est la même chose pour les relances, notamment en danseuse. C’est simple, il suffit d’appuyer sur les pédales pour exprimer sa puissance. Pour ce qui est du confort, la technologie IsoSpeed permet à chacun de trouver le bon réglage. Alors, vélo idéal, ce Trek Madone ? Une chose est certaine, si la perfection n’est pas de ce monde, le Madone est un cadre à la finition impeccable, au profil très aérodynamique. Léger et rapide, il est aussi confortable et rassurant.


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