Quel est l’intérêt d’une étude posturale ?


Au moment de s’offrir ou de se faire offrir un vélo, que ce soit en premier achat ou en remplacement d’une machine considérée comme étant “un peu datée”, une séance de prise de cotes ou une étude posturale peut se montrer particulièrement utile. Il vaut mieux être sûr d’être bien posé, histoire d’éviter quelques douleurs… Mais est-ce indispensable ? En quoi cela consiste-t-il ? Comment se déroule une séance ? Combien ça coûte ? Quid des chaussures et des cales ? Revue de détails…

Pour tout cycliste, quel que soit son degré de passion pour la Petite Reine, quel que soit son niveau, quelle que soit sa pratique, quels que soient ses objectifs et quelles que soient ses envies, une constante demeure. Cette constante, sinon universelle, au moins partagée par une – très – large majorité de cyclistes, qu’ils soient coursiers, cyclosportifs, cyclotouristes ou, “simples” électrons libres, est la recherche permanente du plaisir. Il s’agit donc de rouler confortablement, tout en étant apte à optimiser son effort et donc ses performances.

Certes, la vérité n’est, elle, pas universelle, loin de là. Et cette vérité se montre d’autant plus individuelle ou personnelle que la pratique cycliste est toujours une question de compromis et d’appréciation(s)… Car chaque critère doit être pris en compte.

Mais la question de compromis et d’appréciation(s) personnelle(s), le cycliste n’y pense guère avant de devoir faire face à un certain nombre de déséquilibres, de tensions, de réactions compensatoires du corps et, parfois, de douleurs. Et pourtant, le corps humain est une superbe machine pleine de ressources souvent inattendues…

La variation des constantes

C’est une lapalissade, lorsqu'un cycliste roule, chaque semaine, de nombreuses heures durant, ce qui prime, c’est la sensation de confort qu’il peut éprouver. Il s’agit donc qu’il soit bien posé sur son vélo. Ainsi, évitera-t-il toute une palette de douleurs, tout en améliorant son rendement, parfois de manière significative. Cette constatation soulève inévitablement la question de l’ergonomie. Les notions relatives aux études posturales, ainsi qu’aux prises de côtes, ne font que suivre.

L’ergonomie est une science à part entière. C’est pour cette simple et bonne raison qu’elle recherche la précision la plus absolue possible. Cependant, lorsque l’on parle vélo, l’ergonomie doit composer avec tout ce qui concerne la mécanique. Elle doit impérativement prendre en considération le mouvement de l’ensemble des segments osseux et celui, concomitant, des articulations du cycliste, au moment du pédalage. Or, ce mouvement global est contraint par un quintet d’entraves majeures : les deux pieds qui appuient sur les pédales ; le bassin qui repose (la plupart du temps) sur la selle ; et les deux mains qui attrapent le cintre, en divers endroits, selon la topographie du théâtre d’opération. Car l’attitude d’un même cycliste (et donc son mouvement) lorsqu'il pédale, n’est pas la même en montée, en descente ou sur le plat. De plus, elle change selon la longueur et l’intensité de la montée (comme de la descente), tandis que sur le plat, le vent, sa puissance ou sa direction auront d’importantes conséquences sur le pédalage.

Et puis, les mesures du corps, que l’on pourrait qualifier d’objectives, sont liées à “l’historique” individuel de chaque cycliste, autant qu’aux particularités naturelles de chacun. Mais, pour compliquer un peu l’interprétation de ces mesures, il importe de prendre en compte l’état de forme de tout individu à un moment donné.

La vérité de toutes mesures est donc celle d’un instant, dans un environnement donné. Ce qui est vrai maintenant ne le sera plus dans quelques jours, dans quelques heures, dans quelques minutes. Et, en tout état de cause, cette vérité ne se rejouera plus jamais à l’identique.

D'ailleurs, plutôt que de parler de points d’appuis, ne vaudrait-il pas mieux parler de surfaces d’appuis ? En effet, le corps de chaque cycliste, avec ses imperfections, est “habillé” pour l’effort, avec des interfaces (chaussures, cuissard et gants) qui se modifient au gré des cycles de pédalage, au gré de la mise en œuvre d’une multitude de forces pluri-directionnelles.

L’intérêt d’une étude posturale

L’ergonome est donc le dépositaire actif de cette science à part entière qu’est l’ergonomie. Il est investi d’une mission : optimiser le pédalage tout en palliant aux déséquilibres du corps (et donc des forces). En corollaire, il fait en sorte de rendre harmonieux l’ensemble des gestes du cycliste, sur sa machine. Cette mission est importante, pour ne pas dire déterminante.

D'ailleurs, ce rôle est d’autant plus primordial qu'aujourd’hui, le vélociste (réel ou virtuel, comme peut l’être Materiel-velo.com) se présente de moins en moins comme un artisan capable de fabriquer un vélo “qui ressemble à son utilisateur” et de plus en plus comme un distributeur (doublé d’un commerçant au service du consommateur) de produits industriels. Il n’en demeure pas moins que ce vélociste est probablement le plus apte à délivrer du conseil pertinent et personnalisé.

Le “verdict” tombe du même coup avec les habits d’une lapalissade. Si basique soit elle, une étude posturale s’impose d’elle-même, en préambule à l’achat de tout nouveau destrier, autant qu’à tout changement de matériel. Il y a cependant une condition incontournable. Cette étude posturale doit être appréhendée, non pas comme une absolue vérité, mais comme un ensemble d’ordre de grandeurs.

D’ailleurs, une étude posturale est très souvent proposée d’office (et gratuitement), avant l’achat d’un vélo. La conséquence, une fois l’achat effectif, est le réglage de la nouvelle machine, qui doit d’emblée prendre en compte les spécificités de son utilisateur. Il en va de l’efficacité du pédalage, du rendement, de la performance, mais surtout du confort et du plaisir de rouler que peut éprouver n’importe quel cycliste.

L’étude posturale proprement dite

Inutile de préciser que de nombreux systèmes existent. Nous allons y revenir. Pour une plus grande diffusion, ces systèmes, au même titre que les marques de vélos, sont proposés chez un certain nombre de revendeurs, que ce soient de petits vélocistes indépendants, des associations de revendeurs ou des réseaux de grandes enseignes.

Chaque point de vente doit, en général, investir dans du matériel et c’est parfois onéreux, car chaque système fait l’objet d’une licence, l’utilisation d’un certain nombre de technologies venant augmenter le prix. On parle d’au moins 10 000 € pour certains systèmes. Le point de vente doit, en effet, disposer d’un appareillage de base, avec un gabarit ergonomique réglable, un ordinateur, des caméras…

Souvent, un espace est dédié à la chose. Car cela prend du temps et nécessite un certain nombre de compétences pendant, au minimum, 45 minutes (les études les plus complètes peuvent durer jusqu'à 180 minutes). Car une séance d’étude posturale ne se limite jamais à une simple mesure de segments et/ou à une observation du pédalage. Il importe (c’est, peut-être, la base) de connaître la pratique, le niveau de pratique, le coup de pédale, les pathologies dont peut souffrir le cycliste, l’âge, la souplesse…

La séance débute donc, la plupart du temps, par un certain nombre de questions relatives au passé physique (chutes, accidents divers, “postures” professionnelles, opérations chirurgicales…) et sur la pratique. Traiter avec quelqu'un qui vous connaît bien (parce qu’il roule parfois avec vous ; parce que c’est un membre de votre club ; parce que vous lui avez acheté un vélo ; parce que vous avez déjà fait une étude posturale avec lui…) est sans aucun doute, un plus, qui peut, en outre, faire gagner un peu de temps. Il ne faudra donc pas hésiter, en amont, à faire le bilan de ses douleurs (cervicales, bas du dos, genoux, selle, chevilles).

La suite consiste à une prise de mesures statiques, parfois complétée par le réglage des cales (si c’est possible, il est vivement conseillé d’utiliser cette option qui est un indispensable préalable au pédalage, même en dehors de toute étude posturale). L’ergonome fera, ensuite une observation sur gabarit (ou sur home trainer avec votre vélo), ce qui lui permettra d’affiner les réglages.

Ensuite, ce sera à vous d’aller rouler. Une suite (comme un SAV) peut alors être envisagée, pour affiner un peu plus les réglages et ainsi optimiser à la fois le confort et le rendement. Après une bonne étude posturale, toutes les douleurs doivent avoir disparues… Mais attention ce ne sera pas toujours très immédiat !

Conclusion

Une étude posturale est, aujourd'hui une étape importante, lorsque l’on fait régulièrement du vélo, y compris pour un usage strictement urbain. Cette même étape devient tout simplement incontournable lorsque l’on se lance dans les grandes distances ou que l’on décide de faire de la compétition.

Certes, aujourd'hui encore, tous les pros ne se livrent pas nécessairement de bon cœur à une séance d’étude posturale, préférant l’empirisme – et le ressenti – que les données scientifiques (on l’a vu l’ergonomie est une séance à part entière), mais une fois “forcés”, ils peuvent constater le gain, que ces quelques dizaines de minutes de leur temps (empruntées à l’entraînement) vont leur apporter. Pour les amateurs (que nous sommes, pour la majorité d’entre nous), une étude posturale est l’assurance d’éviter un certain nombre de douleurs que l’on pourrait avoir tendance à mettre sur le compte de la fatigue liée à l’effort !

Mais attention, parfois, le prix de l’étude, comparé au prix du vélo, fait que le jeu n’en vaut pas nécessairement la chandelle… Il importe donc de bien choisir son étude, en fonction de son coût, par rapport au coût de son vélo. S’il est clair que l’on peut dépenser plus de 300 €, pour une pratique régulière sur une machine de plusieurs milliers d’euros, pour un vélo à 200 € ou 300 €, il vaudra mieux choisir une étude à 45 € ou 50 €.


1. Shimano Bikefitting

Les Grands Principes

Né, il y a près de 40 ans, sous le nom de Bioracer, le système d’étude posturale Bikefiting est, depuis 2014, propriété du géant japonais Shimano. À l’origine il était destinée aux vendeurs d’un réseau de magasin. Il devait constituer leur outil d’aide à la vente. Il s’agissait, en effet de rationaliser le choix de la taille du cadre proposé au client, ainsi que les périphériques qui l’accompagnent (pédales, tige de selle, selle, cintre, potence…). Or, les vendeurs n’étaient pas nécessairement formés à l’ergonomie, il fallait simplifier l’approche au maximum. Il fallait aussi doter le logiciel (basé sur des statistiques relatives à plus d’un million d’études) d’un certain nombre de garde-fous censés limiter au mieux l’incidence d’éventuelles erreurs de mesures.



Depuis son entrée dans le giron Shimano, la philosophie Bikefitting a évoluée dans le sens d’une plus grande précision, avec une approche qui se veut plus scientifique. Tout commence par un questionnaire Bien sûr, la prise de cote “simple” (longueur des pieds, longueur des jambes, longueur du torse, largeur des épaules…) existe toujours. Elle constitue le niveau 1 de l’étude posturale. Mais il est tout à fait possible d’aller plus loin, avec le niveau 2 qui se caractérise par l’utilisation d’un simulateur de position, dont tous les paramètres sont réglables, y compris le capteur de puissance sur chaque manivelle.

Les cyclistes qui recherchent la performance pourront aller encore plus loin, avec le niveau 3, qui, en plus, propose une analyse informatique du pédalage avec une caméra. Chaque angle est modélisé. Cela permet d’affiner les réglages tout limitant l’incidence des dissymétries de chacun, ce qui facilite l’obtention des justes compromis entre confort et performance, en fonction des pratiques.

L’approche Bikeffiting se présente donc (avec celle de Retül) comme l’une des plus scientifiques du marché, au moins pour son niveau 3… Il n’empêche que le seul niveau 1 (et dans une moindre mesure, le niveau 2) laisse reposer la justesse ou la précision des données (et, par conséquent, des réglages du vélo) sur le fitteur qui procède à la prise de côte et à l’étude posturale. De plus, l’utilisation d’un simulateur de position n’est pas exactement réaliste (pédalage de type home trainer). C’est probablement la raison pour laquelle Bikefitting assure un suivi sur la durée.

Le protocole

Présent dans quelques 400 points de vente, l’étude posturale Bikeffiting se montre accessible à tous les types de cyclistes. Cela est vrai, d’un point de vue géographique, mais aussi d’un point de vue financier.

Le questionnaire sur la pratique et sur les antécédents physiques permet, en préambule, de prendre en compte d’éventuels déséquilibres. La prise de cote (mesure de différents segments) vient compléter les choses. Mais pour toute pratique sportive, il semble important d’opter, au minimum pour le niveau 2. L’utilisation du simulateur de position permet, en effet, d’aller un peu plus loin. Il permet de régler tous les paramètres de position : la hauteur, le recul de selle ou la longueur des manivelles.

Avec le niveau 3, le positionnement est très affiné. Huit capteurs sont posés. Grâce à une caméra reliée à un ordinateur, le pédalage ou la puissance développée par chaque pied est analysé. Chaque angle peut ainsi être optimisé à la quasi perfection. Ensuite, les cotes peuvent être reportées sur le vélo, qu’il soit neuf ou non.

Le point fort de Bikeffiting, c’est le suivi qui suit l’étude posturale, cela permet d’assimiler progressivement chaque changement.

En bref

  • La durée : 45 à 150 minutes (selon le niveau de l’étude et selon les fitteurs).
  • Le Prix : 60 € (Niveau 1) ; 120 € (Niveau 2) ; 220 € (Niveau 3) en fonction des fitteurs*.
  • Les centres d’ergonomie agréés : 400 (Niveau 1) ; 50 (Niveau 2) ; 10 (Niveau 3).
  • Le contact : www.bikefitting.com.

(*) Les centres agréés Bikefitting sont libres d’appliquer leurs propres tarifs sachant que l’étude de base est souvent gratuite pour l’achat d’un vélo.

2. Specialized - Retül Fit

Les Grands Principes

À la base, Retül était (il le reste d’ailleurs) un outil d’aide au positionnement des cyclistes, développé et commercialisé dès 2007, par Andy Pruitt, alors Directeur du Centre de Médecine Sportive de Boulder (Collorado – USA). Racheté, au milieu des années 2010, par Specialized, l’outil a été développé pour servir de support au protocole d’étude posturale, BG Fit, de la marque américaine. Pour autant, Ritül est resté ouvert à d’autres utilisateurs que Specialized, pour le (re)positionnement et l’achat d’autre marques de vélos.

Devenu Retül Fit, avec le support de différentes marques à diffusion mondiale, le protocole s’est quelque peu démocratisé, même si son développement demeure contraint par la formation de l’ergonome en charge de l’étude posturale. D'ailleurs, plutôt que d’ergonome, on parle de fitteur !

Malgré tout, la filiation avec Specialized demeure forte. Ainsi, de nombreux points prestataires Retül Fit, sont des magasins dont l’enseigne arbore le S rouge. Un espace dédié doit être créé. Il est soumis à certaines normes. De même, il faut savoir que l’étude peut déboucher sur l’achat, sinon d’un vélo complet, au moins de périphériques et accessoires estampillés Specialized (c’est notamment le cas des selles…).

Longuement et régulièrement les fitteurs sont “appelés” en formation. Cette démarche, d’apparence très universitaire, est en réalité fort logique. En effet, Retül Fit ne prend en compte aucune mesure en dehors de la taille du client et de l’écartement de ses ischions. Le coup d’œil et le sens de l’observation du fitteur se révèlent particulièrement essentiels. Car l’important, ici, c’est le – bon – déroulement de la chaîne cinématique du cycliste en train de pédaler, sans le moindre lot de douleurs, de déséquilibres et, plus globalement, sans que viennent interférer les différents problèmes physiques qu’il subit.

On l’aura compris, avec Retül Fit, la – bonne – communication entre le cycliste (le client) et le fitteur, ainsi que la compétence de ce dernier en matière d’ergonomie sont les garanties de la réussite. C’est une affaire de confiance, plus qu’avec n’importe quel autre système d’étude posturale. L’interprétation et le coup d’œil ayant, ici, plus de poids que la froideur des mesures, même si la débauche de technologies Rethül prend ensuite le relais.

Le protocole

Tout commence par un – long – questionnaire qui permet au fitteur de se faire une idée sur d’éventuelles dissymétries. Commence alors une phase d’évaluation, sur le vélo du client (ou, s’il s’agit d’une “première”, sur le “gabarit” Retül Murve SL). Il importe de rester dans sa zone de confort. L’objectif est de caler le bassin sur la selle ; de positionner les cales et de choisir le type de semelles.

Mesure de l'angulation des articulations. Des moyennes statistiques sont ensuite adaptées au cycliste, grâce à une étude dynamique, sur le Retül Murve SL, complétée par la pose de capteurs sur les articulations. Justement, une capture du mouvement, en 3D est réalisée par infrarouge. Dans cette phase de pédalage, les résultats s’affichent sur écran. Les premiers calages et les premiers relevés d’angles permettent au logiciel de proposer une position théorique, que le fitteur se charge d’appliquer et d’affine, progressivement. Il est également possible de thermoformer des semelles.

Le gros plus de ce protocole, c’est la qualité du suivi, après l’étude posturale proprement dite. En effet, le pédalage en réel, avec une nouvelle position, peut demander plusieurs changements de position, afin de ne pas provoquer de traumatisme. Une nouvelle fois, Retül Fit, fait dans la progressivité.

En bref

  • La durée : 150 à 210 minutes.
  • Le Prix : 250 € à 350 € (l’étude posturale + le réglage des cales + le report de position + suivi) selon le fitteur ; 99,9 € (le thermoformage des semelles).
  • Les centres d’ergonomie agréés : 54 (dont 14 aptes à thermoformer les semelles).
  • Le contact : www.retul.com

3. Morphologics

Les Grands Principes

Le protocole Morphologics et l’héritier direct du CYFAC Postural System (CPS) qui, comme son nom l’indique, résulte de l’association d’un cadreur, CYFAC (créé en 1982 par Francis Quillon) et du logiciel Postural System (développé au fil des années par Robert Gauthier, lorsqu'il dirigeait le fameux Centre Médico Sportif de Lyon). C’est en 2016 que Michel Le Goellec a repris l’exploitation du système. Deux ans après avoir créé la société Morphologics, suite au dépôt de brevet d’un astucieux système de réglage de cales, le ML Cleat. Le système est désormais complet.

Il résulte d’une exceptionnelle accumulation de données (près de 30 000 prises de mesures compilées) auprès de Robert Gauthier, d’abord, puis de Mathieu Papin et, enfin, de Michel Le Goellec. Il s’agit donc d’une approche statistique et probabiliste qui donne des résultats à la fois très fiables et très précis.

Les principales forces de Morphologics résident dans la précision des mesures relevées grâce à des instruments spécialement dédiés. En premier lieu, il y a la cabine anthropométrique, ML Size (avec un vérin à pression constante pour mesurer l’entrejambes ou le mètre digital...) ; mais il y a aussi le ML Right permettant un report de cotes particulièrement précis, notamment d’un vélo à un autre.

La finalité de cette étude posturale, essentiellement statique, est de limiter au maximum les contraintes biomécaniques et physiologique. Pour y parvenir, le style de chaque client (grimpeur, rouleur, sprinter, en force ou en souplesse...) est pris en compte le plus précisément possible, via un questionnaire, complété par un dialogue avec le “chargé d’étude posturale”.

Si comme pour la plupart des études, tout part du pied et du bon positionnement de la cale par rapport à l’axe de la pédale, Morphologics accorde une grande importance au choix du cintre. Celui-ci, selon la philosophie maison, doit en effet être aussi peu profond et aussi peu haut que possible. D'ailleurs, Morphologics cherche à minimiser les amplitudes articulaires, dans un souci d’économie d’énergie, comme de prévention d’usure articulaire prématurée. L’accent est porté sur la cadence de pédalage. D'un point de vue mécanique, tout est fait pour que chacun tourne les jambes !

Le protocole

Morphologics se concentre sur les prises de côtes (12 segments sont mesurés : longueur des pieds, métatarses, entrejambe, hauteur de chaque épaule, largeur des épaules, longueur de chaque bras, taille…), sans qu’il y ait d’approche dynamique. Les différentes mesures sont directement envoyées par Bluetooth, sur une tablette et analysées par un logiciel, qui se charge de présenter le cadre “parfait” ainsi que les accessoires (cintre et potence ; selle et tige de selle ; manivelles et pédales). Notez qu’une conversation préalable, avec l’ergonome, permettra de préciser ces choix et, le cas échéant, de changer de chaussures.

Idéal pour la fabrication d’un cadre sur-mesure, le protocole Morphologics permet de bien reporter les mesures et le choix de l’équipement sur son vélo actuel comme sur un – nouveau – vélo standard, grâce au ML Right, qui peut régler jusqu'à trois vélos à l’identique. C’est particulièrement intéressant pour les cyclistes qui disposent de machines avec différents diamètres de roues (650 et 700, route et VTT, 27,5’’ et 29’’…) ou qui veulent acquérir un vélo dont le diamètre des roues sera différent.

Le plus de ce système, c’est le ML Cleat, qui permet d’optimiser le positionnement des cales… sous réserve que les chaussures soient – bien – adaptées au pied du cycliste… Mais cela est une autre affaire, une affaire de sensations.

En bref

  • La durée : 90 à 110 minutes.
  • Le Prix : 150 € (la prise de côte) ; 25 € (le réglage des cales) ; 50 € (le report des cotes sur un à trois vélo(s)).
  • Les centres d’ergonomie agréés : 125.
  • Le contact : www.morpho-logics.com

4. Mécacote

Les Grands Principes

Mise au point, à la fin des années 90, par Vincent Blondeau, l’étude posturale Mécacote affirme certains choix et les assume sans le moindre complexe. L’étude posturale proprement dite commence sur internet, avant même la prise de rendez-vous. Il s’agit, en effet, à la personne concernée (le client, ou futur client) de répondre à un questionnaire particulièrement complet. Le sportif est bien-sûr au cœur de ce questionnaire, mais l’extra-sportif est également abordé. Le client est-il passé chez l’ophtalmologiste, chez le dentiste ou chez le podologue ?... Il s’agit de déceler, au mieux, les douleurs et/ou les déséquilibres néfastes au rendement, comme au confort, du cycliste.

A priori l’étude posturale Mécacote pourrait être considérée comme étant basée sur des statistiques… En réalité, elle est le fruit d’une réflexion globale destinée à placer le cycliste sur des vélos “standards”, à condition que la gamme concernée propose un large éventail de tailles. Les statistiques (qui répertorient les 2200 premières études de la marque girondine, basée à Saint-Médard-en-Jalles) concernent la fabrication de cadres sur-mesure. En effet, ce type de fabrication est considéré, ici, comme devant être privilégié pour certains angles et pour certains gabarits. Ainsi, pour les petits gabarits, des cadres pour roues de 650 peuvent être envisagés. En fait, les statistiques n’entrent en compte que pour déterminer le déport de fourche et les valeurs liées à la selle (longueur et largeur de la selle, position du creux de selle, hauteur des rails et position du milieu du châssis.

Le protocole Mécacote est basé sur deux postulats primordiaux. Tout d’abord, une cale bien réglée n’a pas besoin de liberté angulaire. Car pour Vincent Blondeau, il importe que le pied ne bouge plus, afin qu’il n’y ait, dans le mouvement du pédalage, aucune perte de puissance. Surtout, cela permet de détecter le moindre déséquilibre. Ensuite, il importe de monter suffisamment la selle afin qu’en phase de pédalage, le cycliste passe au mieux le point mort. C’est de ce double postulat que dépend le positionnement de la selle, ni trop en avant, ni trop en arrière, afin de n’impacter ni le genou, ni les lombaires.

Le protocole

Une fois le questionnaire internet terminé, Mécacote se charge d’analyser les réponses afin de cibler le type(s) de pratique(s), mais aussi pour appréhender les éventuels déséquilibres. Lorsqu'il s’agit de changer de vélo, le client doit pédaler quelques instants sur son ancienne machine, pour une phase d’observation, qui s’inscrit en complément du questionnaire. Ensuite, vient la prise de côte proprement dite. C’est assez simple et classique. Une dizaine de segments sont mesurés (métatarses, entrejambe, hauteur de chaque épaule, largeur des épaules, longueur de chaque bras, taille…)

Le logiciel maison calcule alors les côtes du vélo, qui sont reportées sur la machine du cycliste (pour un changement de vélo). Dans le cas d’une première monture, le dossier est rendu et quelques conseils sont prodigués quant au choix du modèle à acheter. Le report des côtes est assez long. Il est très argumenté. Il faut prévoir un certain nombre de périphériques à changer (cintre, potence ou selle, principalement), voire se faire faire une paire de semelles orthopédiques, fabriquées par des partenaire Mécacote.

Le gros point fort de Mécacote, c’est la partie dynamique. Cela passe par une observation sur home trainer et/ou en réel. Le suivi dure un an.

En bref

  • La durée : 180 à 240 minutes.
  • Le Prix : 230 € (l’étude posturale + le réglage des cales + le report de position + suivi) ; 52 € à 165 € (la semelle orthopédique).
  • Les centres d’ergonomie agréés : 22 (mais tous ne sont pas très actifs).
  • Le contact : www.mecacote.com

5. Vélofitting

Les Grands Principes

Joël Steve est un ancien triathlète professionnel, qui, en 2007 à largement contribué au développement des outils Retül. Il est donc logique que le système d’étude posturale, Vélofitting, qu’il a créé en 2012, utilise les produits de la marque de Boulder. Mais l’originalité de ce protocole vient essentiellement de l’expérience sportive de son créateur, de sa lecture assidue d’ouvrages d’ergonomie et de sa formation universitaire. Il y a donc, ici, beaucoup de vécu et d’observation.



Vélofitting fonctionne, aujourd'hui sous la forme d’une franchise, avec huit collaborateurs qui interviennent un peu partout en France, auprès d’une vingtaine de revendeurs. Des sessions d’études posturales sont organisées sur rendez-vous. L’étude posturale peut se faire (selon les endroits) avec un simulateur de position ou avec un vélo (le sien de préférence) monté sur home trainer. L’avantage c’est que le client repart avec un vélo directement mis à ses côtes !

Ici, tout part du pied, avec le réglage des cales selon une ligne reliant le premier et le cinquième métatarse. Il y a donc un léger décalage par rapport à l’axe de la pédale. À partir de là, Vélofitting prend en compte les angles du corps du cycliste, le bassin et la cheville étant considérés comme les fusibles du genou. En d’autres termes, si le genou se sent en danger, le bassin accompagne le mouvement et la cheville se met en extension afin de réduire l’ouverture du genou. Cela est considéré comme problématique, en particulier au passage du point mort bas. En effet, une cheville en extension, lors de cette phase du pédalage, n’a plus aucune souplesse. Inclinée trop tôt elle fait perdre de la puissance au cycliste.

L’usage de l’appareil photo vient accompagner le déroulement de l’étude posturale. Cela permet au client de se rendre compte de l’évolution des choses et de prendre conscience, de visu, de son nouveau positionnement, par rapport aux trois points d’appuis (selle, cintre et pédales). Il peut constater que le recul de selle est considéré comme étant bien plus important que sa hauteur…

Le gros point fort de cette étude c’est le conseil et le suivi. En effet, Vélofitting n’est pas un vélociste, seul le service “étude posturale” est payant. La proposition de changer tel ou tel périphérique (selle, cintre, potence…) ou de changer de vélo n’a donc absolument rien d’intéressé. Après l’étude posturale, le suivi se fait sur la durée. La très longue durée.

Le protocole

La première partie de l’étude posturale Vélofitting consiste en une appréciation visuelle de la position du cycliste. Cette appréciation débouche sur le placement ou le replacement des cales. Le client monte sur son vélo et pédale. Il ne s’agit pas de forcer, mais juste de s’échauffer. L’ergonome agréé Vélofitting prend des photos puis fait descendre la personne qui “doit” se livrer à un peu de marche, pieds nus ou en chaussette. Il s’agit en effet d’appréhender les appuis.

Ce n’est qu’à ce moment-là que commencent les prises de cotes (les pieds, les fémurs, le tibia et le péroné, le buste, les épaules...). À chaud, la posture est forcément un peu différente. L’optimisation de la position peut alors, vraiment, commencer.

Le client revient pédaler. L’ergonome travaille sur différents angles afin d’optimiser les valeurs de ces angles et par là même, optimiser le rendement énergétique du pédalage. La fourchette de chaque angle est le résultat de nombreuses observations (Vélofitting s’appuie sur une expérience de quelques 300 études posturales, un peu partout, en France et en Suisse) interprété grâce à des algorithmes “maison”. L’essentiel du travail porte sur le recul de selle, avec en préalable le réglage de l’appui des pieds, avec le réglage des cales.

À la fin de l’étude, le client repart avec son vélo réglé à ses côtes. Le suivi se fait sur la très longue durée.

En bref

  • La durée : Environ 180 minutes.
  • Le Prix : 300 à 330 € (étude posturale, photos avant/après ; observation ergonomique et posturale debout puis sur le vélo, réglage des cales, réglage du vélo, suivi sur la durée et conseil sur l’équipement).
  • Les centres d’ergonomie agréés : 32.
  • Le contact : www.velofitting.com

6. IDMatch Bike Lab

Les Grands Principes

Présenté en 2018, IDMatch Bike Lab (le nom complet de l’IDMatch) est un système d’études posturale développé conjointement par le spécialiste italien des selles de vélo, Selle Italia et par Ergoview, un laboratoire d’analyse biomécanique et ergonomique situé à Cesena (en plein centre de l’Italie). Si l’objectif – caché – est de vendre des selles (des Selle Italia, de préférence !) en parfaite adéquation avec la morphologie du cycliste, il s’agit bien sûr, pour chacune des deux entités, de développer une gamme complète d’outils pour positionner au mieux le cycliste sur son vélo et, ainsi améliorer ses performances.



Entièrement automatisé, ce système d’étude posturale est probablement l’un des plus modernes du marché, dans la mesure où, entièrement automatisé, il s’affranchit des approximation d’un ergonome… En outre, il se révèle extrêmement complet. En effet il définit la position idéale du cycliste sur son vélo, selon sa morphologie et selon sa pratique, mais en plus, il permet de sélectionner les périphériques les plus adaptés, en fonction des spécificités morphologiques et en fonction du vélo. Les trois points d’appui du cycliste sur son vélo (cintre, selle et pédales) sont évidemment pris en compte. Le réglage est effectué, y compris celui, primordial des cales.

Mais le fait que le système soit automatisé ne veut pas dire que le client est livré à lui-même. Un ergonome, qui connaît bien les subtilités du protocole, est là pour assurer son bon déroulement, étape par étape. C’est d’autant plus important que le type de pratique conditionne le résultat final délivré par l’IDMatch. Il est donc logique qu’une petite discussion (en début de séance) cerne les objectifs du client.

L’intérêt premier de ce système d’étude posturale est de permettre un positionnement optimal lors d’un changement de cale, de chaussures, de pédales, de selle ou de cintre pour cause d’usure (ou pour n’importe quelle autre raison, d’ailleurs). Le logiciel est capable de choisir, pour chacun de ces accessoires et périphérique, le modèle le mieux adapté au cycliste. Pour cela, il va puiser dans une base de données extrêmement riche, dans laquelle figurent les plus grandes marques du marché. Notez qu’il en va de même lorsqu'il s’agit d’acheter un nouveau vélo.

Le protocole

Tout commence par la création d’un profil dans lequel figurent des informations aussi diverses que ses coordonnées, son type de pratique, ses – éventuelles – douleurs chroniques ou son niveau de souplesse. La prise de mesures proprement dite peut alors commencer.

Elle passe par le scannage de la totalité du corps, en 3D. Les mouvements réels des membres peuvent ainsi être appréhendés avec justesse, puisqu'un squelette virtuel est reconstitué avec exactitude, la longueur de chaque membre étant préalablement calculée.

Une importance toute particulière est donnée aux pieds, avec des appareils tels que l’IDMatch Foot Meter (pointure) et l’IDMatch Forefoot Tilt Meter (zones d’appuis). L’IDMatch Cleat Fit permet alors de régler la position des cales, de manière différenciée selon le marque des pédales. Mais c’est une option non obligatoire.

Toujours en option, après pédalage sur un “gabarit” de contrôle, l’IDMatch Smart Bike (au design magnifique), il est possible de faire reporter ses côtes sur un vélo. Cette position, théorique, est affinée grâce à un “ergonomètre”, l’IDMatch Setup System… Et puis, il y a le choix de la selle et de l’ensemble cintre/potence.

La fiche de côtes est analysée par l’ergonome et transféré, par courriel (un lien Bluetooth peut être utilisé) sur le téléphone du client.

En bref

  • La durée : Environ 60 minutes.
  • Le Prix : jusqu'à 270 euros selon la formule que vous choisirez.
  • Les centres d’ergonomie agréés : 11 (dont 4 sont aptes à délivrer le protocole complet).
  • Le contact : bikelab.idmatch.it.

On peut le dire avec certitude, une étude posturale est vivement recommandée pour tous les cyclistes, compétiteurs, cyclosportifs ou randonneurs qui veulent profiter au mieux de leurs heures de selle. Évidemment ce sont les gros rouleurs et les rouleurs réguliers qui sont les premiers concernés, mais les cyclistes occasionnels et les sportifs qui débutent le vélo, seront également très intéressés.

Certes, c’est un investissement (45 € pour les études les moins chères à plus de 300 € pour les plus onéreuses) mais c’est l’assurance quasi certaine d’éviter les douleurs tout en améliorant son rendement, en fonction de sa (ses) pratique(s) cycliste(s). Et qui dit rendement dit plaisir augmenté ! De plus, le coût financier est à nuancer, car beaucoup d’études sont “gratuites” si elles débouchent sur l’achat d’un vélo tout monté, voire d’un kit cadre (cadre + fourche).

Les différents systèmes présentés ci-dessus, sont ceux qui sont accessibles un peu partout dans l’Hexagone, sans qu’il faille aller trop loin de son domicile. Ils sont difficilement comparables tant ils partent de postulats différents, avec une méthodologie différente. Il existe pourtant un point commun à tous ces protocoles d’études posturales : la délivrance d’une position théorique personnelle. Celle-ci est systématiquement affinée par une séance de pédalage (souvent statique) et pas un suivi sur quelques semaines ou sur quelques mois, parfois davantage. C’est une garantie supplémentaire à laquelle il est fortement conseillé de ne pas se soustraire.

Ce qui fera la différence, plus que le système lui-même, c’est la compétence de l’ergonome qui prendra en charge l’étude posturale. De petites erreurs d’appréciation dans la prise de mesures, autant que dans l’observation du pédalage, peuvent fausser le résultat. Un bon contact avec le chargé d’étude s’avère primordial, y compris pour un système aussi automatisé que l’IDMatch.

Notez enfin qu’une étude posturale n’est pas vraie “à vie”. Il est vivement conseillé d’en effectuer une nouvelle en cas d’accident ou de nouveaux déséquilibres survenus hors vélo. Un ajustement peut (doit ?) également être effectué lors de changements d’équipement (vélo complet, cintre/potence, chaussures ou selle). Le plaisir de rouler n’en sera que prolongé ou renouvelé.

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