Quelles précautions de sécurité en vélo gravel ?
En gravel, l’éloignement des routes et la variété des terrains créent des risques spécifiques que ni le cycliste de route ni le VTTiste ne rencontrent de la même façon. Un accident en zone isolée peut mettre plusieurs heures à être pris en charge. Ce guide fait partie de notre dossier sur comment faire du vélo gravel. Ce guide fait partie de notre dossier sur comment faire du vélo gravel. Même si au guidon de votre vélo gravel vous êtes loin de la route, de la ville et de sa circulation, il y a quelques précautions à prendre pour être en sécurité. Du bon sens, de l’attention et du respect suffiront à rendre votre sortie agréable. Et sûre !
Un vélo en bon état
Votre vélo doit être en parfait état de marche. Ne partez pas sans avoir fait le tour complet de votre matériel. Faites-le aussi avec les vélos de vos enfants s’ils vous accompagnent. Après une rapide inspection pour s’assurer que cadre, fourche, roues, jantes et pneus ne sont pas endommagés, vous éviterez les mauvaises surprises lors de leur utilisation. Bien entendu, à l’occasion des entretiens périodiques, le serrage et l’état des guidons, selles, tige de selles et autres accessoires de sécurité ont été vérifiés. On s’assurera du bon réglage de la position. On fera de même avec la fixation et l’état des sacoches et accessoires.
Une mécanique bien réglée
Adulte ou enfant, on portera une certaine attention sur le fonctionnement du système de freinage, l’état des disques et des plaquettes de freins. Idem pour la transmission qui devra fonctionner sans accroc, un saut de chaîne n’est jamais agréable et peut même être dangereux. On vérifiera aussi la pression des pneus et on s’assurera que les vélos disposent bien de leur équipement de dépannage.
Pour l’équipement
Pour faire du vélo gravel, on s’habillera en conséquence de la météo et on pourra emmener en supplément un vêtement chaud et/ou de pluie. Des vêtements visibles seront un vrai plus. Cela permettra de vous voir de jour. En période de chasse, cela peut avoir son importance. On pourra également vous retrouver plus facilement si on vous recherche. Pour la nuit, il faudra disposer d’une chasuble réfléchissante et de couleurs fluo. On n’oubliera pas bien sûr les gants très utiles en vélo gravel en cas de chute avec le casque. Il faut savoir savoir qu’un casque n’est pas éternel. Sans parler des chutes et chocs qui sont des causes évidentes de fin de vie, le soleil, la sueur, le temps qui passe « usent » votre casque. Ainsi, au bout de 3 ans, pour préserver sa sécurité, il peut être bon de le remplacer. Même sans choc. On fera attention avec les enfants au réglage du casque, il doit tenir sur leur tête et couvrir leur front. Le sentiment de liberté éprouvé en vélo gravel ne doit pas faire oublier qu’on peut chuter aussi. On emportera également une petite trousse de soins.
Connaître ses capacités
Dès lors qu’on perd en lucidité, on s’expose aux problèmes. Que ce soit un adulte ou un enfant, le résultat est identique, les fautes de pilotage, les imprudences augmentent avec la fatigue et le stress. Il faut donc, avant de sortir, être bien conscient de ses limites et de celles des autres participants. Il faut ainsi tenir compte de la durée de la sortie gravel, de son degré de difficulté, mais aussi de la maîtrise et des manques de tout le monde. Rester humble devant la difficulté n’est pas un souci, c’est de la sécurité. Négocier une descente trop technique à pied plutôt que sur le vélo peut préserver votre sécurité. Ne vous privez pas.
Savoir où l’on va
Une fois que l’on n’est plus sur la route, on peut passer par des chemins privés en vélo gravel. Il faut le savoir, car on peut comprendre que le propriétaire des lieux n’aime pas les intrus chez lui. On vérifiera sur une carte avant de partir que le chemin est ouvert à la circulation. Cela évitera aussi de se retrouver en bout de course avec une clôture à escalader, des chiens à éviter, ou un comité d’accueil désagréable. On restera poli toutefois arguant que tout le monde peut se tromper de route. Ou de chemin de gravel en l’occurrence. En période de chasse, on fera également attention aux zones dans lesquelles on évolue, la remarque vaut également pour les camps militaires, où on évitera de franchir les vedettes de tir. Dans tous les cas, si vous sortez seul, essayez de laisser l’itinéraire prévu à un proche, cela peut avoir du sens en cas de problème. Chargez la trace de votre sortie dans le GPS de votre vélo gravel (assurez-vous que sa batterie soit pleine). Emportez éventuellement une carte et une boussole si vous ne connaissez pas les lieux. Votre smartphone pourra être accompagné de son câble de recharge, si vous emmenez une source d’alimentation électrique pour effectuer une recharge de vos accessoires de navigation.
On pilotera avec attention
Même s’il y a des paysages séduisants ou que l’on désire se vider la tête, il faudra garder un œil sur le chemin pour voir où vous mettez les roues. Les feuilles et les flaques d’eau peuvent cacher des obstacles. Une racine dans un virage peut se montrer glissante. Il faut aussi tenir compte des pièges tendus par des petits malins que la présence forestière de cyclistes dérange (câble tendu en travers du chemin, plaque avec clous, etc). Pour cette raison, on regardera toujours devant soi et où l’on pose ses roues. On anticipera ses freinages pour éviter les blocages de roue arrière qui se terminent en dérapage et creusent des ornières. Ce qui n’augmente pas notre capital sympathie. En forêt, on se méfiera des branches basses, un casque, c’est parfois haut. On fera également attention aux autres cyclistes, on évitera de les surprendre avec un pilotage « compétition ». Surtout s’ils ont l’air moins à l’aise en pilotage que vous. On tiendra compte aussi de l’état des sols. Même si l’on connaît le terrain, avec beaucoup d’humidité les pneus peuvent perdre en adhérence, on sera donc prudent par temps de pluie ou de gel. Quand on quittera le chemin de gravel et qu’on retrouvera la route, ou la ville, il faudra se souvenir qu’on peut y rencontrer des voitures. On y signalera donc ses intentions de changer de direction, et on évitera les freinages brusques en ville.
On se signalera aux autres usagers
Ce n’est pas parce que ce n’est plus sur une route qu’on fait n’importe quoi. Sur un chemin, on peut rencontrer d’autres usagers. Des vélos, des piétons (adultes et enfants), des cavaliers, des tracteurs, des véhicules. On vit et on travaille dans les campagnes. Et il y aussi des animaux sauvages ou non qui déambulent. On évitera donc de se jeter tête baissée dans les virages sans visibilité, on anticipera ses freinages, on modulera sa vitesse et on n’hésitera pas à se signaler poliment. Un petit bonjour, c’est toujours sympa. Maintenant on peut aussi utiliser une sonnette. Cet accessoire ringard est désormais à la mode. Il est associé à des supports GPS et s’oublie totalement. Et c’est pratique en ville mais aussi en rase campagne avec son vélo gravel. On évitera quand même de ne pas en abuser, les gens qui marchent en forêt y vont aussi pour le calme.
Un bon éclairage pour la nuit
Sur la route, l’éclairage vous permettra d’être vu, en tout-terrain, de voir. Si vous faites de longues sorties qui se terminent ou commencent la nuit, il faudra mettre sur votre guidon un éclairage puissant. Plus puissant que ceux qu’on utilise sur la route et identique à ceux employés en VTT afin d’éclairer vraiment le chemin sur lequel vous progresserez. Si vous utilisez beaucoup l’éclairage, choisissez un modèle qui peut se recharger en roulant, vous apporterez alors une source électrique pour assurer la sécurité de votre alimentation.
Pour sécuriser son vélo à l’arrêt
Si vous vous arrêtez pour des courses ou un repas en ville, il faudra attacher votre vélo avec un ou des antivols passant dans le cadre et les roues. Pour cela, un simple câble ou une chaîne à cadenas pourront faire office d’antivol pour un arrêt de quelques minutes avec le vélo en contact visuel. Si maintenant, vous laissez votre vélo plus longtemps sans pouvoir le voir, il vous faudra un antivol plus costaud type U. Le tout est de penser à emmener ce matériel avec soi dans ces randonnées et voyages. Si vous êtes attentifs à votre matériel, à votre façon de piloter votre vélo, que vous respectez les autres usagers, de la route, des chemins et des forêts et que vous êtes conscient de vos capacités, vous serez en sécurité. Et vous profiterez donc pleinement de votre vélo gravel.
Questions fréquentes
Faut-il prévenir quelqu’un avant une sortie gravel en zones isolées ?
Oui, c’est une précaution élémentaire. Communiquez votre trace GPX, votre heure de départ et votre heure de retour prévue à une personne de confiance avant chaque sortie longue en zone éloignée. En cas de non-retour à l’heure prévue, cette personne peut déclencher les secours avec des coordonnées précises de votre itinéraire. C’est une habitude simple qui ne coûte rien et peut faire une différence vitale. L’application ‘Mon GPS SOS’ (Croix-Rouge) ou une fonction de partage de position en temps réel (Garmin LiveTrack, Strava Beacon) automatisent ce processus.
Comment se signaler efficacement aux véhicules sur route en gravel ?
Portez des vêtements aux couleurs vives ou fluorescentes, équipez votre vélo d’un feu arrière clignotant même de jour, et roulez le plus à droite possible en file indienne. Les couleurs foncées ou camouflage réduisent fortement votre visibilité pour les conducteurs. Un feu arrière clignotant à 50-100 lumens visible de jour est efficace jusqu’à 500 mètres en conditions normales. La couleur rouge et les gilets réfléchissants haute visibilité sont particulièrement utiles le matin et le soir, par temps de pluie ou en période de chasse (couleurs oranges ou jaune fluo recommandées).
Comment gérer un incident mécanique grave en zone isolée ?
Priorité : évaluer si le vélo peut encore rouler ou s’il doit être porté, puis appeler les secours si nécessaire. Ne marchez jamais vers la civilisation sans avoir d’abord envoyé votre position GPS. Kit minimal de secours mécanique : chambre à air de secours, mèches tubeless, mini-pompe, maillon rapide de chaîne, dérive-chaîne, multi-outils. Avec ce kit, 90 % des pannes de route sont réparables sur le terrain. Pour une casse de cadre ou de fourche, il n’y a pas de solution de terrain : appelez les secours (15 ou 112) ou attendez le passage d’autres usagers.