Quelle taille de cassette pour un vélo gravel ?
Double ou mono plateau, votre vélo gravel va avoir besoin de petits développements pour passer en tout-terrain. Mais aussi de plus grands braquets pour rouler sur le plat et la route. Comment choisir sa cassette alors ?
La pléthore de vitesses que les transmissions actuelles procurent laisse parfois pantois et on se dit qu’on aura toujours le développement qui convient sur son vélo gravel. Oui, mais qu’est-ce qu’un développement ? Et un braquet, qu’est-ce ? On connait le nombre de dents de son ou ses plateaux, éventuellement ceux des différents pignons de sa cassette, mais comment s’en sortir ?
Petit rappel sur les braquets
Le braquet, c’est la base du calcul, que cela soit pour un vélo de route, de gravel ou un VTT. Le pignon est solidaire de la roue et tourne en même temps qu’elle, sauf sur une roue Classified ou équipée d’un moyeu à vitesses intégrées (Sram, Shimano, Rohloff, Sturmey Archer…). Sur le pédalier, nous avons un ou plusieurs plateaux. Le braquet est le rapport entre le nombre de dents du plateau divisé par celui du nombre de dents du pignon sur lesquels la chaîne est posée. Par exemple, un plateau de 50 associé à un pignon de 10 dents procurera 5 tours de roue pour un tour de pédalier, alors qu’avec un pignon de 25 dents, le même plateau n’en entraînera que 2. Un plateau de 46 dents associé à un pignon de 23 dents aura le même rapport de 2 tours de roue pour un tour de pédalier. De la même façon qu’un plateau de 44 dents associé à un pignon de 44 dents ne procurera qu’un tour de roue. Le développement, c’est ce rapport multiplié par la circonférence de la roue.
Et sur les développements
Pour connaître les développements de votre transmission, il faudra multiplier les braquets par la circonférence de la roue. Pneu compris. Donc si vous faites les calculs avec une roue de 700 C et un pneu de 34 mm, les développements seront différents de ceux obtenus avec une roue de 650 B et un pneu de 52 mm. Mais les braquets resteront identiques. Ce qu’on doit en retenir, c’est que si on change de taille de roues ou de largeur de pneus, sans toucher à sa transmission, les développements évolueront à la hausse ou à la baisse. Et comme ce sont les développements à la fin qui font la « facilité » ou la « difficulté » du pédalage, mieux vaut être attentif à cela.
Ne pas avoir un trop grand pignon par rapport au plateau sur sa cassette
Si le plus grand pignon est égal au plateau, un tour de pédalier correspondra donc à un tour de roue. On peut descendre un peu en-dessous de ce rapport, mais attention. Un grand pignon qui comporte 6 dents de plus que le plateau ou petit plateau est à notre avis le maximum utilisable pour que cela soit confortable. Si vous mettez un plus gros écart de dents, vous devrez vous astreindre à travailler en vélocité dans une forte pente car on ne peut que difficilement rouler en dessous de 3 km/h. Maintenant, si c’est pour négocier un obstacle court ou parce qu’on a de lourds bagages, pourquoi pas.
Et pour les grands développements, quelles cassettes ?
Pour une transmission mono plateau, il faut disposer d’un pignon assez « petit » en guise de départ. Chez Shimano, on est en 11 dents. Comme sur le Sram Apex d’ailleurs. Pour les groupes Sram eTap AXS, on est sur du 10 dents. Et chez Campagnolo, il y a du 10 dents bien sûr mais aussi du 9. Ces « micro-pignons » permettent d’avoir des développements quasi-égaux à ceux d’un vélo de route, donc sur le plat ou un terrain roulant, il y a de quoi faire, d’autant que tenir une cadence de pédalage élevée est plus facile sur ce type de relief.
La cassette idéale pour le vélo gravel
Que vous soyez en double ou en mono plateau, les règles seront identiques. Pour le plat, vous aurez intérêt à avoir un braquet compris en 4,6 et 4,3, et à l’opposé pour les pentes les plus dures, un braquet entre 1 et 0,9. Maintenant, la difficulté en mono plateau est de composer avec l’étagement des développements. C’est entre autres pour cela que les cassettes actuelles ont de plus en plus de vitesses ! Mais il n’empêche que le passage d’une vitesse à l’autre puisse être assez délicat à gérer pour les jambes car il y a parfois 5 à 6 dents d’écart entre deux pignons.
Une cassette adaptée à la chaîne et au dérailleur
Il faut aussi garder à l’esprit que lorsqu’on change de cassette, on peut modifier la tension de la chaîne. Surtout si on rajoute de 4 à 10 dents au grand pignon. Il faudra donc, suivant les capacités de votre dérailleur arrière, raccourcir ou allonger la chaîne. En fait, la remplacer tout court. D’une façon générale, un dérailleur étudié pour le vélo gravel peut supporter des cassettes jusqu’à 34 ou 36 dents. Il y a des versions spéciales qui permettent l’usage de cassettes de 36 ou 44 dents maximum. Enfin, pour le mono plateau, les dérailleurs vont jusqu’à 44 dents pour le Campagnolo Ekar et le 50 pour le Sram Eagle eTap AXS. De quoi grimper aux arbres.
En résumé, pour choisir votre cassette, en plus de sa compatibilité avec votre transmission actuelle, il faut tenir compte de votre forme, du terrain que vous allez affronter, des pneus et roues que vous utiliserez et de la charge que vous emmènerez sur votre vélo ! Si vous avez peu de choix pour votre pignon de départ (souvent conditionné par la marque de la transmission), il y en a plus pour le pignon terminal. À vous de voir et de vous assurer que l’étagement de la cassette corresponde bien à vos besoins et vos capacités. Des écarts importants entre deux vitesses sont pénalisants en compétition et très utiles quand le vélo gravel est chargé de bagages. Pour finir, réservez les cassettes route à une utilisation routière de votre vélo gravel !
Autres articles sur le gravel
- Quelle transmission choisir pour un vélo gravel ?
- Quel groupe de transmission pour un vélo gravel ?
- Quel type de plateau pour un vélo gravel ?
- Quelle taille de plateau pour un vélo gravel ?