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Quels prolongateurs pour un vélo gravel ?

Quels prolongateurs pour un vélo gravel ? Quels prolongateurs pour un vélo gravel ?

Les prolongateurs permettent d’adopter une position aérodynamique sur les longues portions de route et de soulager le dos sur les sorties de plusieurs heures. En gravel, leur usage est différent de celui du triathlon : c’est le confort et l’efficacité sur les tronçons roulants qui priment, pas la performance aérodynamique pure. Ce guide fait partie de notre dossier sur le matériel du vélo gravel. Comme on roule longtemps en vélo gravel, on peut adopter des prolongateurs posés sur le cintre qui serviront plus pour le confort que pour atteindre les vitesses de croisière des triathlètes et des rouleurs. Quoique sur la route, un gain aérodynamique est toujours utile d’autant qu’avec un vélo gravel, on peut rouler vite aussi. Accessoires emblématiques des triathlètes et des adeptes du contre la montre depuis le Tour de France 1989, les prolongateurs sont aussi présents dans le monde du vélo gravel. Ils permettent d’améliorer l’aérodynamique de la position du cycliste ce qui n’est pas négligeable en vélo gravel sur les longues portions de route et sur les chemins roulants. Les prolongateurs procurent également du confort au cycliste en lui octroyant une autre position de roulage, soulageant notamment le haut du dos. Pas négligeable en termes de confort, si on bascule dans le bikepacking ou le vélo longue distance. Pour votre achat, les gammes dédiées au triathlon regorgent de modèles différents. Vous trouvez votre bonheur chez des spécialistes comme Profile Design, Vision Tech USA, Zipp mais aussi chez les fabricants de guidons traditionnels : 3T, Deda Elementi, Bontrager, Pro, etc. Voici quelques informations utiles pour faire votre choix.

Le principe des prolongateurs

Les prolongateurs servent à rendre le cycliste plus étroit pour lui donner une position aéro en diminuant sa surface frontale. Pour cela, on rapproche et on avance ses mains et ses bras. Les prolongateurs sont constitués d’un appui pour les bras ou avant-bras, réglable ou non, et d’une avancée qui sert de point d’ancrage aux mains. Cette avancée peut être constituée d’un tube rectiligne, incliné ou en forme de S, en aluminium ou en carbone. Le poids de l’ensemble varie de 300 g à près de 1 000 g suivant le modèle et le type de prolongateur. La fixation s’effectue au moyen de colliers qui rendent les prolongateurs plus ou moins adaptables à la morphologie du cycliste. On trouve deux sortes de prolongateurs utilisables en vélo gravel, les courts et les longs, tous sont du type Clip-On, c’est-à-dire qu’on les fixe directement sur le cintre. Il existe néanmoins des modèles de cintres qui intègrent les fixations pour des prolongateurs spécifiques comme le guidon Haero H.155.

Les prolongateurs courts

Cette variante est utilisée sur les épreuves de triathlon où le drafting est autorisé et se monte sur des guidons de vélo de route. Cela tombe bien pour le vélo gravel. L’avantage est qu’ils sont assez légers et, qu’en position aéro, on reste près des leviers de freins. Ils sont généralement dépourvus de support de GPS du fait de leur longueur limitée. Ces prolongateurs sont compatibles avec la plupart des cintres carbone. Il faudra cependant faire attention aux couples de serrage et aux formes de cintres car l’écartement du prolongateur est très souvent fixe. Certains guidons de gravel ont un profil aile d’avion pour donner un peu de flexibilité mais cette forme rend quasiment impossible le montage de ce type de prolongateurs. Du fait de leur petite longueur, les repose-bras se situeront plus au niveau des poignets que des coudes sur ces prolongateurs. Ce qui peut, faute d’habitude ou de mauvais réglage, déclencher quelques douleurs névralgiques. Même si l’avancée est moindre qu’avec les modèles longs, il sera peut-être nécessaire de revoir le réglage de la selle. Leur usage en vélo gravel sera plus aisé sur les chemins qu’avec les versions longues, mais attention à leur positionnement. Si vous avez une sacoche de guidon, vous aurez les mains juste devant, voire dessus. Le dernier point à prendre en compte avec ces prolongateurs courts, c’est qu’ils influent peu sur la direction. Le poids étant proche du cintre, il n’y a pas ou peu de bras de levier, ce qui évite que le guidon vienne taper brutalement le tube supérieur du cadre quand vous portez votre vélo. Néanmoins, dans le cadre du bikepacking, du fait de l’avancée plus courte, la direction sera plus dure à tourner en position aéro si la fourche est équipée de sacoches chargées. Enfin, si vous avez une transmission électrique, vous pourrez éventuellement placer des commandes supplémentaires dessus même si le gain sera moindre qu’avec les prolongateurs longs.

Les prolongateurs longs

Les prolongateurs longs se retrouvent généralement sur les vélos de contre-la-montre et de triathlon. Ils donnent la position la plus aéro qui soit en compactant et en allongeant le cycliste. Celui-ci est alors très aplati sur sa machine mais pour que la position soit confortable sur la durée, il faut que les bras et avant-bras aient un angle de près de 90°. Ce qui conduit à avancer sa position en selle également. Avec cette position, il y a plus de poids sur l’avant du vélo et la qualité de fabrication des prolongateurs devient essentielle du fait des sollicitations accrues par ce transfert de masse. En aluminium ou en carbone, les prolongateurs longs disposent d’appuis pour les bras réglables en écartement et en profondeur. On peut souvent personnaliser les pads pour obtenir un confort maximal. L’avancée du prolongateur est également réglable en longueur. Sur certains modèles, on doit parfois couper le tube pour éviter qu’il ne rentre en contact avec le genou. Des essais s’imposent alors. Avec une transmission électrique, on peut rajouter des points de commandes et, comme il y a de la longueur de disponible, on peut placer un support pour le GPS, voire un bidon ou un système d’hydratation issus du triathlon. Avec ce type de prolongateurs, le pilotage est plus facile même avec une charge importante sur l’avant du vélo, le bras de levier étant très important. Ce poids important déporté vers l’avant, rend la direction très fluide, le guidon a donc tendance à frapper violemment le cadre quand on lève le vélo.

Les précautions à prendre

Pour votre sécurité, il est important que le prolongateur soit bien fixé sur le cintre et de bonne qualité. Il faut aussi être capable d’atteindre rapidement les leviers de freins, pour cela on s’assurera que rien ne risque de freiner cette transition, vêtements, câbles, accessoires ou sacoches. On habituera aussi progressivement son corps à ce nouvel appui, notamment au niveau des avant-bras. Même si on gagne en habilité avec le temps et que le pilotage devient, ou semble, plus facile, il conviendra de rester prudent sur les chemins. En cas de pratique nocturne, on n’oubliera pas que des animaux peuvent traverser devant vos roues et que les éviter réclame des réflexes. Enfin, entraînez-vous avec votre vélo sans charge et avec ses sacoches, sur la route et les chemins mais en terrains connus pour bien cerner les limites d’emploi des prolongateurs. L’usage des prolongateurs en vélo gravel présente un avantage considérable pour les cyclistes engagés sur de longues distances ou en bikepacking. Que vous optiez pour des prolongateurs courts ou longs, chaque modèle offre des spécificités qui améliorent votre position et réduisent l’effort sur certaines parties du corps. Il est essentiel de bien ajuster l’équipement à votre morphologie et à votre vélo pour éviter tout inconfort ou incident.

Questions fréquentes sur les prolongateurs gravel

Les prolongateurs sont-ils compatibles avec tous les cintres gravel flared ?

Non. Les cintres gravel flared (évasés) ont une section de tube supérieur souvent inférieure à 31,8 mm et un profil aérodynamique qui peut empêcher le serrage des colliers de prolongateurs standard. Vérifiez le diamètre et la forme du cintre avant achat. La plupart des prolongateurs Clip-On s’adaptent aux cintres ronds de 31,8 mm, le standard dominant. Les cintres avec profil aile d’avion ou en carbone à section non-ronde nécessitent des colliers adaptés ou des prolongateurs avec fixation multi-profil. Si vous avez une sacoche de guidon volumineuse, les prolongateurs courts sont souvent incompatibles : l’espace entre les mains et la sacoche devient insuffisant.

Faut-il refaire le réglage de selle après avoir monté des prolongateurs ?

Oui, souvent. Les prolongateurs avancent le centre de gravité vers l’avant, ce qui peut nécessiter d’avancer légèrement la selle (de 5 à 15 mm) pour conserver un équilibre correct entre les deux roues. Sur les prolongateurs longs, ce réajustement est presque systématique. Faites un premier essai sur une longue sortie avant de fixer définitivement la position. Les douleurs aux genoux ou à la nuque après les premiers essais signalent généralement un problème de réglage de la selle ou de hauteur des repose-bras, pas une incompatibilité avec les prolongateurs.

Peut-on utiliser des prolongateurs en bikepacking avec des sacoches chargées ?

Oui, mais avec précaution. Les prolongateurs longs facilitent la direction avec une fourche chargée (bras de levier long). Les prolongateurs courts la compliquent légèrement. Dans les deux cas, testez votre configuration complète sur des terrains connus avant un voyage longue distance. La règle de sécurité principale est d’être capable d’atteindre les leviers de frein en moins d’une seconde depuis la position aéro. Si le mouvement nécessite plus d’un geste ou si un obstacle (sacoche, câble) retarde la transition, les prolongateurs présentent un risque en descente technique ou sur terrain imprévisible.